Greffe d'îlots de Langerhans : faisons le point

Depuis 2021, les options de traitement pour les personnes qui vivent avec un diabète de type 1 se sont élargies avec la greffe d'îlots pancréatiques (ou greffe d’îlots de Langerhans).

En effet, après 20 ans de recherche clinique, la Haute Autorité de Santé (HAS) a donné son autorisation pour qu’elle entre dans le soin courant. De plus, elle est remboursée par l’Assurance Maladie.

Greffe d'îlots de Langerhans : en quoi ça consiste ?

Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune liée à la destruction, par le système immunitaire, de certaines cellules du pancréas : les cellules bêta pancréatiques qui sont chargées de produire l’insuline. Elles sont rassemblées en structures appelées îlots de Langerhans.

Le traitement du diabète de type 1 par greffe d’îlots de Langerhans consiste donc à transplanter au patient des îlots pancréatiques fonctionnels. Ceux-ci sont préalablement préparés en laboratoire à partir du pancréas d’un donneur. Ces îlots sont injectés dans une veine menant au foie. Ils peuvent alors venir se greffer au foie, où ils sont alors capables de vivre et de fabriquer de l’insuline.

Pourquoi une greffe d’îlots pancréatiques ?

Certaines personnes vivant avec un diabète de type 1 ne parviennent pas, et ce malgré un suivi de traitement et une bonne surveillance, à atteindre l’objectif d’un diabète équilibré. Les variations de la glycémie peuvent alors entraîner d’importants risques sur leur santé.

Pour ces patient(e)s, la greffe d’îlots de Langerhans peut être une solution. En effet, cette technique permet, dans la majorité des cas, l'arrêt du traitement par insuline, parfois pendant plusieurs années. Le suivi de patient(e)s ayant bénéficié d’une greffe d’îlots a également montré que cela permettrait de rétablir et de maintenir des valeurs glycémiques saines.

Qui peut bénéficier de cette greffe ?

Bien qu’elle suscite d’importants espoirs, la transplantation d’îlots pancréatiques a des indications bien précises.

Les indications de la HAS se basent sur la balance bénéfice-risque, c’est-à-dire : est-ce que la personne tirera suffisamment de bénéfices pour rendre les aspects plus « négatifs » de ce traitement moins impactant sur sa qualité de vie ? En effet, comme pour toute greffe, cette intervention nécessite de suivre un traitement antirejet (traitement immunosuppresseur lourd pour éviter le rejet de greffe) à vie.

Actuellement, quatre profils peuvent prétendre à la greffe d’îlots de Langerhans : 

  • Les personnes vivant avec un diabète de type 1 ayant une instabilité glycémique chronique et une fonction rénale préservée.
  • Les personnes vivant avec un diabète de type 1 avec une insuffisance rénale et une indication de transplantation rénale.
  • Les personnes vivant avec un diabète de type 1 avec greffon rénal fonctionnel et présentant un taux d’HbA1c supérieur ou égal à 7% ou des hypoglycémies sévères. 
  • Les personnes présentant un risque de diabète insulinopénique (production insuffisante d'insuline) ou une personne vivant avec un diabète de type 1 et ayant subi une chirurgie ou un traumatisme pancréatique.

Un bilan pré-greffe sera réalisé et dans le cas où celui-ci est favorable, le dossier du ou de la candidat(e) à la greffe sera présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) au cours de laquelle une équipe de plusieurs professionnel(le)s de santé décideront de la nécessité ou non de cette transplantation.


Sources :

HAS. Rapport d’évaluation - Transplantation d’îlots pancréatiques. Juillet 2020.

Direction médicale de Dinno santé.

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